Du nouveau chez les pirates

Pour notre premier anniversaire la formation des pirates s’est fait une beauté! En plus des améliorations (sous-titres français et anglais, visuels, animations) nous avons désormais rendez-vous une fois par mois avec les membres pour échanger et répondre collectivement à nos questions. Bienvenue à bord!

Pour accéder à la présentation complète de la formation pirates-education.com/formation

Réharmoniser le monde

Le maître Soufi Sidi Hamza disait que « si les actes que tu poses ne servent pas l’harmonie alors ils ne sont que des agitations qui s’ajouteront aux agitations du monde ». Par ces temps qui toussent, qui piquent, qui distancient, je penne à voir les actes qui participent à l’harmonie du monde. J’entends les mensonges, je lis les résistances, je relève les incohérences comme nous tous mais à l’intérieur de tout ça je cherche comment favoriser la réharmonisation du monde. Et comme il est un peu trop vaste pour moi je me concentre sur ceux que ma bougie éclaire ici ou par correspondance.

Comment faire pour ne pas ajouter au stress de nos enfants, comment ne pas leur imposer la double penne de l’enfermement masqué et de l’injustice de l’enfermement? Comment faire en sorte que la vie trouve les harmonies, les projections. les rêves auxquels se raccrocher? Mes enfants ne sont jamais obligés d’aller à l’école, ils pèsent le pour et le contre et décident s’ils veulent s’y rendre ou pas chaque matin. Cela leur permet d’avoir un sentiment d’emprise sur leur destin, tout ne leur échappe pas, ils peuvent encore décider ce qu’ils pensent bon pour eux-mêmes. Ce n’est pas une solution universelle ou idéale mais cela permet de créer un peu « ces micro-espaces dans lesquels il est possible de s’entendre sur la poursuite du bien » chers à Ivan Illich.

Je fais attention à mes mots, aux nouvelles que je diffuse, aux chiffres que je relais auprès d’eux. Surtout j’essaye de ne pas paniquer quand j’entends qu’en France 40% des adolescents ont eu des pensées suicidaires dans la dernière année (Journal de France Culture du 23 Mars). Alors nous créons des jeux, nous inventons ces lieux où l’on peut rire encore. Le soir je continue à lire des livres à mes deux grands garçons de 11 et 14 ans. On lit des histoires de peur pour conjurer le sort et nous endormir avec le sentiment que nous sommes bien trop forts pour céder au chaos.

Un jour le monde se réouvrira et nous en serons les acteurs, un peu plus aguerris, un peu plus courageux. Nous aiderons à retisser ces reliances qui participent à l’harmonie en nous promettant de ne plus jamais céder aux agitations inutiles.

Enfants en IEF, ces pauvres privilégiés?

J’ai passé dernièrement trop de temps à lire les commentaires souvent peu informés des personnes s’opposant à l’éducation sans école sans véritablement en connaître la réalité. Je réponds depuis plus de 15 ans à toutes sortes de remarques, critiques, commentaires si bien qu’il serait extrêmement difficile de me surprendre avec une critique jamais entendue.

En général les détracteurs attaquent en dénonçant le caractère appauvri d’une éducation en dehors de l’école. Manque de rigueur, de contenus, de vie sociale, de la dure réalité de la vie en société, les parents ne sont pas des pédagogues, ils ne connaissent pas tout… Lorsqu’on leur rétorque que l’expérience scolaire est loin d’être parfaite avec ses harcèlements, disciplines, autorités injustes, décrochages, échecs, punitions… les détracteurs changent de discours pour souligner que l’école à la maison ce n’est pas donné à tout le monde, que c’est réservé à ceux qui peuvent se le permettre, qu’elle représente un coup de canif dans l’égalité des chances et l’éducation pour tous.

En somme nous sommes accusés d’offrir une expérience éducative appauvrie réservée à quelques privilégiés! Merci donc de vous mettre d’accord sur les accusations portées. Nous pourrions gagner un temps précieux.

L’intérêt supérieur de l’enfant?

Voilà bien une drôle d’expression qui a refait surface dans le débat public. Le ministre français annonce que l’instruction en famille doit tenir compte de l’intérêt supérieur de l’enfant et que ses services distribueront éventuellement des autorisations en tenant compte de celui-ci.

En résumé certains esprits supérieurs s’arrogent le droit de déterminer mieux qu’une famille qu’ils ne connaissent pas l’intérêt supérieur de Maëlle, Théo, Youri ou Mohamed et d’autoriser leurs parents à les éduquer! On mesure le progrès!

Le sous-entendu de tout cela est premièrement que les parents ne sont pas les mieux placés pour déterminer l’intérêt de leurs enfants mais bien plus que l’enfant est par nature irresponsable et que seul un adulte étranger peut être garant de son intérêt supérieur. Que cet adulte cède quotidiennement à des petits plaisirs comme fumer ou boire a contrario de l’intérêt supérieur pour sa santé n’y change rien. Que cet adulte travaille sous le joug d’une hiérarchie tatillonne lui occasionnant stress, burn-out, parfois démission voire suicide, est sans doute la preuve de sa capacité à toujours prendre en compte l’intérêt supérieur pour sa santé physique et mentale. N’en doutons pas.

Bien plus l’enfant serait incapable de mesurer que manger trop de chocolat peut occasionner un mal de ventre, que de se jeter d’un mur de huit mètres de haut est dangereux, que d’insulter quelqu’un est socialement inapproprié. Bref nos enfants sauvages et leurs parents étant incapables de mesurer l’intérêt supérieur, ils devront interrompre leur cycle naturel de sommeil chaque matin pour aller se le faire expliquer par un adulte épuisé dans une classe surchargée, un masque sur le visage. L’intérêt supérieur de l’enfant est drôlement surprenant quand on n’a pas l’habitude. On comprend qu’il soit confié à des professionnels.