Petite vigilance pour une pensée libertaire

Il est parfois une confusion sur laquelle je me dois d’attirer votre attention. Une connaissance un peu trop superficielle de la pensée libertaire pourrait amener à la confondre avec la pensée libertarienne. Cette confusion est d’autant plus présente dans un monde où la pensée anglophone est dominante puisqu’en anglais « libertarian » ne fait pas la différence entre les deux.

Dans nos démarches pour la liberté éducative nous devons être vigilants à ne pas tomber dans le piège de la confusion. Ce serait comme confondre Brassens et Trump, les copains d’abord et America first. Le libertaire est pacifiste quand le libertarien est militariste, le libertaire est pour un monde sans frontières quand le libertarien tient à la propriété privée et construit des murs, le libertaire est pour la fraternité entre les peuples quand le libertarien est un patriote. Le libertaire est attaché à la solidarité publique quand le libertarien ne veut pas que l’état entre dans sa chambre à coucher. Le libertaire est anti-clérical quand le libertarien est souvent impliqué dans sa paroisse.

Pour ce qui nous concerne donc, je crois que l’école publique, la vigilance du ministère, les services sociaux ne sont gênants que lorsqu’ils confondent protection et mise sous tutelle, droit et obligation, unité et uniformité. Pour le reste je ne suis pas contre les services publics et j’use sans réserve des bibliothèques et des piscines gratuites. Je ne suis donc pas contre l’état, mais à l’intérieur, je privilégie la diversité, l’autonomie et la responsabilité. Un libertarien se barricaderait chez lui, fusil en main en clamant que l’état n’a pas à intervenir dans sa vie, ni à prélever d’impôts, ni à vérifier quoi que ce soit.

Chacun est libre de penser ce qu’il veut, mais cette liberté est plus belle quand elle est informée. Ce petit mot vise à y contribuer. Nos manifestations arrivent, nos slogans aussi. Ne tombons pas dans le piège de messages pour lesquels ces points ne seraient pas clarifiés et qui ne rendraient pas justice à notre philosophie.

Retour à Fabrik. Conseil au ministre Roberge

Si je devais donner un conseil au ministre Roberge, ce serait d’aller visiter l’excellent atelier Fabrik, au Centre des Sciences de Montréal. Six ateliers sont proposés, et à chaque fois il s’agit de relever un défi. Il n’y a aucune réponse officielle, chacun expérimente, échoue, recommence, tâtonne et finit par trouver une solution originale, fidèlement à la démarche scientifique. Si, par souci « d’égalité des chances » une réponse unique était exigée, si tous les participants devaient appliquer une recette, suivant le même protocole, non seulement cela ne serait plus de l’éducation, mais cela aurait pour effet de tuer toute inventivité, créativité et esprit d’initiative.

En voulant forcer tous  nos enfants du même âge à passer tous le même examen, le même jour de la même façon, et en les soumettant à vos réponses formatées, vous forceriez les enfants à entrer dans une démarche anti-éducative. « Connais-toi toi-même » est la mission la plus impérieuse de chacun d’entre-nous. Se conformer à des réponses préétablies est la meilleure façon de ne jamais y arriver.

Eÿkèm champion!

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Voilà Eÿkèm fier médaillé d’argent des jeux de Montréal en gymnastique. Une activité qu’il pratique librement avec enthousiasme depuis longtemps, qu’il a choisi et qui continue à faire son bonheur. Je suis très fier de mon grand bonhomme!