Petite question pour bien finir l’année mais surtout pour mieux commencer 2019!

Voici une phrase incomplète. Merci de remplir les trous avec un des couples de mots suivants: Fort-faible; Homme-femme; Blanc-noir; Riche-pauvre; Adulte-enfant.

J’ai toujours le dernier mot parce que je suis un……… et que tu es un…………..

 

Y a-t-il une version qui vous semble éthiquement, socialement, philosophiquement acceptable? Si aucune ne l’est (ce qui j’espère sera le cas) alors voilà un bon débat sur l’adultisme à mener pendant les fêtes de Noël!

 

Le personnage du professeur

Ceux qui me suivent le savent, je ne m’en suis jamais pris aux professeurs dans mes nombreux écrits sur l’éducation. Je les tiens en fait comme dernier rempart à l’imposant dispositif disciplinaire en action dans les écoles. Cependant en tant que professeurs ils font partie d’un système, qu’eux-mêmes souvent dénoncent, et pourtant auquel ils participent.  Ma question est : quel est exactement le rôle d’un professeur?

Il serait tentant mais un peu juste de répondre que c’est la transmission du savoir puisque aucune science ne lui appartient en propre et qu’à l’heure d’internet tout élève tient dans sa poche bien plus d’informations qu’aucun professeur n’en connaîtra jamais.  Il semblerait plutôt que le professeur incarne une garantie morale, non pas au titre de la science, mais par le personnage qu’il joue. Le travail d’enseignement n’est qu’une toute petite part de son travail, son rôle est davantage de porter le déguisement du pouvoir, de la sagesse, de la justification de la domination de l’adulte sur l’enfant. Ainsi dans une école (exceptées les écoles démocratiques), quel que soit le litige  opposant n’importe quel adulte à n’importe quel enfant, c’est toujours l’adulte qui aura le dernier mot. Non pas qu’il soit immunisé contre l’erreur de jugement, mais précisément parce qu’il incarne le jugement, la mesure et la sagesse, là où l’enfant incarnera toujours, l’erreur, l’improductivité, voire la tricherie. Le rôle d’un professeur est donc de porter le costume d’un personnage, celui de son propre rôle portant sa propre justification. Que le personnage soit joué avec douceur et sourire n’enlève rien à la relation de pouvoir, au contraire cela rend la révolte de l’opprimé un peu moins probable.

Comprendre cela et l’expliquer aux enfants devrait faire partie de l’outillage d’auto-défense intellectuelle dont un parent doit équiper son enfant.

« Voilà une classe qui se tient sage! »

La police (sous l'ordre du préfet) a interpellé 151 personnes à Mantes-la-Jolie après de nombreux incidents. Les lycéens ont été répartis dans plusieurs commissariats du département..

Posted by En Cause on Thursday, December 6, 2018

Au-delà des images choquantes, le commentaire du policier « Voilà une classe qui se tient sage » en dit très long sur les rapports de pouvoir non seulement police-citoyen mais adulte-enfant. Rappelons que malgré les casses majeures de samedi dernier à Paris et toutes les arrestations, on n’a pas vu de rang d’adultes à genoux! Le rappel par le policier de ce que devrait être une classe est très symptomatique d’un adultisme décomplexé.

C’est reparti pour le ski!

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Nous voilà repartis pour une nouvelle belle saison de ski! Les enfants sont toujours heureux de retrouver nos habitudes de skieurs. Ils affrontent maintenant sans difficulté toutes les conditions de neige, sous-bois, bosses… C’est un plaisir après toutes ces années d’aller avec eux prendre du bon temps en nature à quelques kilomètres de Montréal. Je suis bien fier de mes gars, mais ça c’est pas un secret! 😉

Des nouvelles du côté alternatif du monde

J’arrive dans la cours. La cabane en bois que nous avons fabriquée avec Eÿkèm et ses amis en septembre, n’est toujours pas accessible. On attend l’autorisation de la commission scolaire. Pour interdire l’accès aux enfants, une corde a été accrochée tout autour désignant un périmètre de sécurité. Lylhèm utilise cette corde comme hamac et s’y couche dessus en équilibre.  Au moment où j’arrive dans la cours, trois filles veulent à tout prix le faire tomber de sa corde en criant que c’est interdit, que c’est dangereux, qu’ils vont aller le dire au prof. Elles lui crient des noms, le bousculent, le menacent… Bref un déchaînement de violence envers Lylhèm qui ne dérangeait personne si ce n’est le conformisme militant de ces trois filles.

Je demande où est Eÿkèm et sa professeure me dit qu’il est en « rattrapage ».  Je demande naïvement ce qu’il rattrape, mais je n’ai pas d’explication. Je vais donc voir à l’intérieur et trouve Eÿkèm assigné à une chaise avec trois autres de ses condisciples. Il est en fait puni, privé de récréation, de mouvement et de parole. C’est cette entrave physique, châtiment imposé au corps que l’on appelle « rattrapage »!

Une chance que mes enfants soient dans une école alternative!