Retour de tournée!

Me voilà de retour à Montréal après un périple riche d’émotions. Moi qui cultive une piraterie plutôt solitaire, j’ai pu apprécier par deux fois la force des énergies collectives quand elles sont mises en œuvre avec générosité et intelligence. D’abord au Festival Maintenant de Louvain La Neuve où des dizaines d’acteurs du changement impliqués et enthousiastes savent mettre le coup de pied dans la fourmilière à la juste mesure en gaieté et en chanson. Puis à Pourgues où se déploie le raffinement de la vie collective. Ici on n’a pas choisi entre liberté collective et individuelle, on a pris les deux et l’orchestration des bonnes volontés donne un résultat en parfait équilibre et si inspirant. Merci de nous avoir reçu et de continuer de nous éclairer chacun à votre façon de vos lumières. À très bientôt.

En grève pour faire éclater la vérité scientifique!

Mesdames et messieurs les professeurs, vous avez ou allez marcher pour le climat et je vous en félicite. Vous allez réclamer qu’éclate la vérité scientifique, vous allez fustiger l’immobilisme de l’institution et l’aveuglement idéologique de Trump. Très bien.

Puis-je alors vous suggérer d’aller vous documenter parmi les milliers de recherches qui concernent votre quotidien de professeur: Respect des cycles circadiens, des besoins chrono-biologiques des enfants, les besoins particuliers des adolescents concernant le sommeil. Combien de temps allez-vous trouver normal de réveiller un enfant pour son bien? Vous pourriez aussi lire les centaines d’études sur le besoin primaire de bouger chez les enfants, leur indispensable contact avec la nature sur des temps longs et libres de toute consigne. Vous pourriez en profiter pour lire les innombrables publications scientifiques au sujet du jeu libre et de ses mille bienfaits pour le cerveau des enfants. Et puisque des dispositifs existent déjà dans les forest schools, dans les écoles démocratiques, que les intuitions des grands pédagogues autant que les recherches les plus récentes des neurosciences fustigent l’immobilisme de la classe avec sa chaise et son bureau, la rigidité du programme et des horaires, pourquoi là aussi ne pas faire éclater la vérité scientifique?

Allez vous faire de vous les Trump de la pédagogie ou allez vous suivre les conseils de Greta et entendre les rapports des experts ? Allez-vous vous demander si pratiquement, quotidiennement vous respectez les besoins physiologiques des enfants… ou pas?

On se rencontre bientôt

Me voilà donc dans les derniers préparatifs, je reprends mon chapeau et ma valise de livres pour venir vous rencontrer lors de deux événements exceptionnels

le 27 septembre à Louvain la Neuve à l’occasion du festival Maintenant avec Rob Hopkins, Peter Gray, Sophie Rabhi et bien d’autres

https://www.facebook.com/events/920616548293305/

Puis au Village de Pourgues pour 3 jours fous avec Ramin Faranghi et Bernard Collot autour de la permaculture éducative. Il reste encore quelques places.

https://www.facebook.com/events/553850992041055/

Au grand plaisir de vous rencontrer!

Première aventure

Lylhèm a mené sa première campagne Donjons et Dragons comme maître de jeu. Après avoir inventé des dizaines d’histoires, bâti nombre de scénarios pour faire vivre Playmobils, Légos, jeux de rôle grandeur nature… et même après avoir inventé un monde complet où j’ai amené les enfants vivre des péripéties pendant 6 saisons, j’ai été assez ému de voir mon grand fils se lancer dans la quête à la tête de notre petite armée de gnome, nain et autres créatures imaginaires.

La roue du temps passe et les choses prennent leur place. Je m’efface pour leur laisser toujours plus de d’initiatives, de décisions. Ainsi va le rôle des parents, être là encore mais plus discret, toujours vigilant mais plus que jamais soucieux de laisser éclore liberté et compétence. C’était un beau moment à vivre.

Moi, j’aimais l’école!

Ce panneau indique « voie sans issue »

En cette semaine de prérentrée scolaire, je m’interroge sur un phénomène que je rencontre fréquemment dans mes conférences. Il y a toujours quelqu’un pour me signaler que lui, aimait l’école, qu’il l’a très bien vécue et qu’il y était heureux.

Je m’interroge alors. Puisque de toute évidence et je reprends ici une liste que j’ai maintes fois énumérée, puisque de toute évidence donc tu n’avais pas choisi d’aller à l’école, ni ton école, ni le calendrier scolaire, ni les horaires, ni ta place, ni ta classe, ton programme, ton professeur, tes condisciples, le programme, le système d’évaluation… Qu’est-ce donc qui te rendait si heureux dans aussi peu de choix?

De plus, parmi les principaux intérêts spontanés des enfants, ces moments qui les rendent joyeux, vibrants, créatifs tels que jouer, courir, grimper, cuisiner, crier, chanter, danser, dessiner, se déguiser, construire… pour ne citer que ceux-là, aucun ne t’était laissé libre. Si crier et grimper était la plupart du temps totalement interdits, le reste ne pouvait se dérouler que dans des moments rares et extrêmement précis, sous la conduite et la surveillance d’un adulte et surtout à son initiative. Qu’est-ce donc que tu aimais tant dans cet environnement?

Si le cadre scolaire ne te laissait à peu près aucun choix, très peu de liberté et seulement d’infimes initiatives, alors le sens commun interroge légitimement sur ce qui te rendait si heureux dans ces conditions? À moins, et c’est seulement une hypothèse, que ce soit précisément la privation de liberté, le fait de ne pas avoir à prendre d’initiatives, de suivre un programme préétablis qui t’aient sécurisé et globalement satisfait. À voir le nombre d’adultes qui suivent, même dans les bouchons, les autoroutes de la réussite sociale, peut-être que mon hypothèse n’est pas si farfelue après tout?

Je pense avoir toujours eu en tête un autre récit de la liberté, une autre exigence de temps et d’espace. Les contraintes d’enfermement et de programme n’ont jamais produit chez moi un sentiment de sécurité, seulement un effet panique, une envie de claquer les portes. Alors toi qui était heureux à l’école, je suis content que nos routes se croisent aujourd’hui afin que nous puissions échanger nos récits du monde, et que je puisse partager avec toi les horizons, les parfums et les chansons d’une autre mythologie.