Aide à l’évaluation pour les écoles démocratiques. À l’attention des inspecteurs de l’Éducation Nationale

Voici ma proposition pour aider les inspecteurs de l’éducation nationale à évaluer le fonctionnement et la philosophie des écoles démocratiques.

  1. Les temps
  2. Quels sont les moments de présence des membres ? Qui en décide?
  3. Qui organise le temps de chaque membre?
  4. Comment s’articulent les temps collectifs et les temps individuels?
  • Les espaces
  • Quels sont les espaces éducatifs disponibles?
  • Comment s’organise la répartition des membres dans les différents espaces?
  • Qui gère ces espaces communs?
  • Les relations
  • Comment se répartit le pouvoir au sein de l’école?
  • Quels sont les dispositifs de régulation?
  • Comment s’articulent les notions de liberté et de responsabilité?
  • Les apprentissages
  • Comment un membre de l’école peut-il s’approprier du savoir?
  • Qui détient le savoir? Qui le structure?
  • Y a-t-il des moments de partage ou de restitution des savoirs acquis?
  • L’évaluation
  • Qui évalue les apprentissages?
  • Sur quelle échelle de temps?
  • L’évaluation est-elle normative, formative, cheminative?

Le Carré Libre

Le Carré Libre que je suis depuis plusieurs années et qui m’avait fait l’honneur de me demander d’en être un des parrains vit des difficultés aujourd’hui. Son erreur majeure est sans doute d’avoir nommé la liberté dans son nom. Je suis triste de cette situation, de cette époque, de ces injonctions à l’angoisse. Dans les années 70 plusieurs initiatives ministérielles avaient vu le jour comme le Centre d’Expérimentation Pédagogique (CEP) de Florac (il est vrai dans le cadre du ministère de l’agriculture et de ses lycées agricoles). On y promeut encore l’éducation par la nature et le plein air. Mais le monde a changé et la liberté d’obéir semble être la seule qui nous est proposée aujourd’hui!

Ces dernières années il y avait des pressions, des menaces, des mains tendues vers la compréhension d’un certain vivre ensemble où chacun ne peut pas faire tout ce qu’il veut quand même. Et puis les amalgames des écoles hors contrat avec le terrorisme, la radicalité religieuse. Si bien qu’aujourd’hui la normalité passe à l’attaque, elle peut décider qu’elle sait mieux qu’un enfant et que ses parents et toute une communauté s’appuyant sur des décennies de recherches, de publications, d’expériences partout à travers le monde, qu’elle sait mieux que les intuitions des grands pédagogues autant que des résultats les plus pointus des neurosciences ce qui va permettre l’apprentissage! Les premiers de la classe, le recteur et le juge savent!

Comment le savent-ils, on vient de le dire ce sont les premiers de la classe, ceux qui se sont le mieux conformés, moulés, glissés dans le système scolaire classique qui décide que l’alternative n’est pas bonne! Pas conforme!

Je suis en colère!

Une bonne année à toutes et tous

Voilà une nouvelle année! Pour moi ce sera plusieurs livres à vous proposer. D’abord tout début janvier « Au nom du pire » (Ed. le Hêtre-Myriadis) un pamphlet un peu sévère sur le fonctionnement paroissial des écoles. Puis en mars « Weedon ou la vie dans les bois » (Ed. du passage), qui relate notre aventure sur les pas d’Henry-David Thoreau dans la forêt québécoise. Je serai à Pontarlier, Lausanne, Grenoble et Montpellier la dernière semaine de février pour des conférences et des ateliers. Puis il y aura d’autres surprises, d’autres livres en prévision, plusieurs en cours d’écriture. J’espère que toutes ces occasions de rencontre, de partage nous permettrons de continuer à chanter encore plus avant nos odes à la liberté, à la piraterie et à l’amour de l’enfance libre et heureuse. Je vous souhaite une douce et belle année 2020, dans la piraterie joyeuse et créative.

Des nouvelles

Dans l’ordre, Dans un restaurant mongol, Autour d’un jeu de Toc. Sur les pistes de ski. En dédicace au salon du livre

Vous êtes nombreuses et nombreux à me demander de nouvelles des enfants, comment ils s’adaptent à leur vie scolarisée, rappelons-le contre leur volonté et la mienne. Voilà donc quelque nouvelles. Les enfants vont globalement bien même si leur rythme chrono-biologique est contraint. Nous adaptons les horaires et ne sommes que très exceptionnellement à l’heure. Les enfants ont découvert l’ennui des longues heures de classe. Ils s’adaptent et apprennent à jouer avec les consignes, à ruser, à se soustraire, à faire semblant d’être intéressés. Ils apprennent aussi à composer avec l’autorité injuste, les fausses manœuvre de concertation. Mais on adapte aussi les semaines. Parfois le besoin de faire des activités physiques, de renouer avec la nature, de découvrir d’autres environnements s’impose. Alors nous faisons l’école buissonnière.

Certains enseignants adhèrent à cette vision de l’éducation, d’autres prennent cela comme la remise en question de leur pouvoir et de leur foi scolaire et ont plus de mal. Mais cela les regarde. Je continue à accompagner les enfants du mieux que je peux. Accompagner les enfants sans cautionner le système de domination scolaire est un jeu d’équilibre. Je m’y exerce encore.